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TOGO/HCRRUN : Fin du processus de prise en charge psycho-médicale et d’indemnisation des victimes vulnérables de 2005

En quête de paix et de réconciliation au Togo, le Haut Commissariat pour la Réconciliation et le Renforcement de l’Unité Nationale (HCRRUN), son équipe et ses collaborateurs n’ont ménagé aucun effort pour une prise en charge effective et adéquate des victimes vulnérables de 2005. Au terme du processus de prise en charge psycho-médicale et d’indemnisation de ces victimes,  le HCRRUN a tenue une conférence de presse, le 02 mars dernier, à son nouveau siège.

Cette  sortie médiatique a permis, à l’institution chargée de la mise en œuvre des recommandations de la CVJR de présenter le bilan des opérations qui se sont déroulées du 12 décembre 2017 au 1er mars 2018. Il a été notifié que sur les 137 victimes initialement identifiées, pour cette première phase, quatre-vingt et seize (96) ont bénéficié de la prise en charge au même titre que 11 autres victimes dites « spéciales». Pourquoi 41 victimes n’ont pu profiter du processus et quel sort leur est reservé? Celles qui sont prises en charge sont-elles satisfaites du processus ? Réponses dans le discours –bilan de madame Awa NANA-DABOYA, la présidente du HCRRUN que la PCJV vous propose en intégralité.

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Point de presse marquant la fin des opérations de prise en charge des victimes vulérables de 2005

                                                            Lomé, Siège du HCRRUN, 02 mars 2018

 

Mot d’ouverture des échanges de la Présidente du HCRRUN                               

-Monsieur l’ancien Premier Ministre Joseph Kokou koffigoh ;

-Chers collègues Membre du HCRRUN ;

-Messieurs les membres du comité de gestion du fonds spécial pour l’indemnisation des victimes ;

-Mesdames et Messieurs les personnes ressources ;

-Mesdames et Monsieur du personnel HCRRUN ;

-Monsieur le Directeur de l’ONG AIMES AFRIQUE ;

-Madame et Monsieur les Huissier ;

- Mesdames et messieurs les journalistes :

-Mesdames et Messieurs les participants en vos divers grades et rangs, tout protocole observé et respecté :

-Mesdames et Messieurs ;

 

Je voudrais tout d’abord, alors que nous sommes au terme de la prise en charge psycho-médicale et d’indemnisation  des victimes vulnérables de 2005 , respecter la pratique de la grande famille du HCRRUN que nous formons, en m’inclinant devant Dieu dont la Puissance et la Miséricorde nous ont guidés et illuminés tout au long des opérations. A mi-parcours de la mise en œuvre de cet important aspect du programme de réparation qu’est le «  volet Indemnisation », il me semble opportun et utile pour notre pays, son peuple et acteurs impliqués, de jeter un regard sur le chemin parcouru afin de mesurer non seulement les résultats obtenus et les difficultés vécues mais aussi évaluer les obstacles à surmonter pour la suite du processus.

Avant de me livrer à cet exercices qui n’est rien d’autre que le bilan des opérations de prise en charge psycho-médicale et d’indemnisation des victimes vulnérables de 2005,opérations entamées le 12 décembre dernier ,qu’il me soit permis de renouveler la reconnaissance du          HCRRUN aux plus hautes autorités, en particulier Monsieur le Président de la République, à vous Mesdames et Messieurs les acteurs directement impliqués, à toute les composantes sociales et à l’ensemble des partenaires de notre pays.

Mesdames et Messieurs les journalistes ; 

A l’heure des comptes, vous convenez avec moi que nous devons recourir aux données chiffrées qu’il vous sera loisible de vérifier afin de vous faire une idée exacte du travail que nous avons ensemble accompli depuis le début de ces opérations. Qu’il vous souvienne en effet qu’au départ, le HCRRUN avait annoncé, sur la base de données de la CVJR, que le nombre des victimes vulnérables de 2005 était de 137. Mais les chiffres étant exhaustifs pour plusieurs raisons non connues à l’avance, raison  qui nous ont été également révélées par la base de donnée,11 victimes supplémentaires appelées « victimes spéciales »par le HCRRUN ont été concernées par la prise en charge lors de cette phase expérimentale. Ces deux chiffres nous conduit inévitablement à 148 considère comme le nombre total de victimes programmées pour le compte des premières opérations.

S’agissant des 137 victimes vulnérables initialement retenues, le bilan fait apparaitre que 41 personnes n’ont pu être prises en charge. Plusieurs raisons expliquent cet état de fait :

Ø  Dix-sept (17) victimes seraient selon les informations réunies soit de leurs familles, soit des autorités traditionnelles et /ou administratives de leur lieu de résidence décédées ;

Ø  Quinze (15) victimes n’ont pas été  retrouvées malgré les recherches des autorités traditionnelle et /ou administrative et les investigations de la cellule du HCRRUN chargée de la localisation des victimes ;

Ø  Sept (07) victime constatées n’ont pas, pour diverses raisons, fait le déplacement de Lomé dont 2 de la région centrale qui ont refusé ;

Ø  Une (01) victime ne disposant d’aucune des pièces demandées HCRRUN, mais ayant fait le déplacement de Lomé n’a pas été prise en charge. Il faut signaler le cas d’une victime munie de 2 pièces d’identité dont elle se réclame sans preuve de changement d’identité par autorisation judiciaire.

En clair, sur les 137 victimes vulnérables de 2005 initialement identifiées, quatre-vingt et seize (96) ont été prises en charge lors des opérations, auxquelles l’on ajoute le nombre de 11victimes dites « spécial es»,on obtient un total de cent sept(107) victimes .L’on retiendra donc que dans le cadres de la mise en œuvre du volet Indemnisation du Programme Réparation, les premières opérations ont permis au HCRRUN de couvrir 107 victimes qui ont bénéficié de prise en charge psycho-médicale et d’indemnisation.

Sur la base des 148 victimes, une brève étude statistique montre que 72% des victimes programmées ont effectivement été prise en charge ce qui est pour HCRRUN un motif de réconfort. Mais plus encourageantes sont les conclusions des sociologues de l’ONG AIMES –AFRIQUE qui révèlent que :

Ø  96,12% des victimes ont manifesté leur satisfactions par rapport à l’accueil qui leur a été réservé par l’équipe du HCRRUN ;

Ø  95,3% des victimes ont été satisfaites des consultations médicales ;

Ø  94, 3% ont exprimé leur satisfaction du montant des indemnités qui leur ont été accordées ;

Ø  65,4% et 91,6% des victimes se sont respectivement dites satisfaites et très satisfaites des prestations des psychologues.

 

Il ressort au total, et s’agissant de la satisfaction générale, environ 94,3% des victimes ont été satisfaite des premières opérations de prise en charge psycho-médicale et d’indemnisation qui viennent de s’achever.

Mesdames et messieurs,

Voila racontées en chiffres le processus que nous avons entamé le 12 décembre. Nous tenons à préciser que les portes du HCRRUN sont toujours ouvertes et que les droits des victimes non  encore retrouvées ou décédées reste et demeure inviolables. Ces victimes rentrerons dans leurs droits lorsqu’elles se manifesteront ou ferons les procédures  nécessaires pour ce qui concerne les ayants –droits.

De ces premières opérations, nous retenons un fait remarquable : l’adhésion et la volonté affichée des victimes d’offrir leur pardon à ceux qui leur ont causés des tords. Que ces victimes reçoivent ici la profonde reconnaissance du HCRRUN pour avoir accepté de faire leur part pour le renforcement de l’unité nationale. J’émets le vœu que la dynamique enclenchée depuis le 12 décembre se consolide afin de permettre à notre peuple d’engranger de nouvelles victoires sur le chantier de la réconciliation et du raffermissement du vivre ensemble.

Je vous remercie.

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